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La voix
source : http://mybabou.cowblog.fr/article-2083885.html
Avant-propos de Barbara pour le livre :
La voix, du Dr Elizabeth Fresnel-Elbaz Éditions du rocher 1997
Du premier cri jusqu'au dernier souffle qui demeure en son, la voix est un des principaux véhicules de nos émotions. Riche d'une palette de tons infinis qui nous permet de " dire, dialoguer, chanter, charmer, de reproduire ou de créer d'autres sons " la voix est un instrument magique. Les cordes vocales, moteur fragile, sont pour toute personne faisant profession de sa voix un centre de grande sensibilité. Les séducteurs, les politiques, les orateurs, les acteurs, les avocats, les artistes, les médecins le savent bien. La voix est un argument précieux pour séduire, donc convaincre.
L'état de nos cordes vocales " s'accorde ou se désaccorde " souvent en fonction de notre état physique ou psychique. Elles demandent donc les plus grands soins, la plus grande attention. Le trac peut momentanément détimbrer la voix ou la rendre moins audible. L'expression " j'en ai perdu la voix " illustre bien ce phénomène. Une des nombreuses raisons qui m'ont fait tout au long de ma vie arriver très tôt dans les théâtres où je me produisais est que je tenais à me préserver de toute émotion venue de l'extérieur. En effet, toute fatigue ou tout bouleversement passant d'abord par notre psychisme risque très souvent de fragiliser l'organe que nous utilisons professionnellement ( pour les sportifs, le corps, pour les pianistes, les doigts... ) La voix peut être un baromètre de grande exactitude. Combien de fois ai-je pu, à la modification même infiniment peu perceptible de leur timbre de voix, déceler l'état physique ou moral de mes amis ?
Nous avons tous la connaissance de timbres de voix qui nous sont insupportables, quelquefois jusqu'au dégoût. On connais également le pouvoir des voix de certains hommes politiques dont nous gardons de triste mémoire le son planté dans nos tympans ( voix de " gourous, " de dictateurs... ) Elizabeth Fresnel-Elbaz, phoniatre, a ouvert un Laboratoire de la Voix, à Paris, dont je ne connais pas d'équivalent en France. C'est à elle que je confie depuis quelques années le suivi de mon état vocal. Je dois beaucoup à son savoir et à son écoute attentive.
J'ai commencé à travailler le chant à l'âge de seize ans. Pendant un an, je ne fis que des exercices vocaux et appris à respirer. Les exercices vocaux servent à amplifier, à élargir, à tonifier, à poser la voix. Ce fut un réel bonheur de travailler le chant classique. Mais je pris vite conscience que ma " voie " ne serait ni l'opérette, ni l'opéra comique, ni l'opéra. La respiration joue un rôle presque essentiel dans la technique du chant et... dans la vie courante. Le souffle permet d'enfler, d'élargir, de tenir un son... Je ne me pose nullement en " professeur " je dis ce que fut mon travail, ma manière à moi de manipuler ou de négocier le son avec une voix souple mais modeste et d'une petite tessiture.
Je m'aperçus plus tard que la voix debout, la voix assise, la voix couchée sont autant de voix différentes, le souffle n'alimentant pas les cordes de la même façon.
La raison qui m'a fait ici m'exprimer est la question posée par Elizabeth :
" La voix, c'est quoi pour toi ?
" Il y a après la mort un silence très particulier. Si présente, si fidèle que soit notre mémoire à nous restituer les choses, la voix de l' " autre " perdue, disparue à tout jamais, est en nous un grand manque, une douleur insoutenable.
" La voix, c'est quoi pour toi ? " Tant pis si c'est un peu emphatique, mais je dirais volontiers que " la voix est la musique de l'âme "
Avant-propos de Barbara pour le livre :
La voix, du Dr Elizabeth Fresnel-Elbaz Éditions du rocher 1997
| L'ile aux mimosas - Barbara | |
Paroles: Luc Plamondon. Musique: Frédéric Botton
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Il y a si peu de temps,
Entre vivre et mourir,
Qu'il faudrait bien pourtant,
S'arrêter de courir,
Toi que j'ai souvent cherché,
A travers d'autres regards,
Et si l'on s'était trouvés,
Et qu'il ne soit pas trop tard,
Pour le temps qui me reste à vivre,
Stopperais-tu ta vie ivre,
Pour pouvoir vivre avec moi,
Sur ton île aux mimosas,
Et comme deux chevaux,
Courant dans la prairie,
Et comme deux oiseaux,
Volant vers l'infini,
Et comme deux ruisseaux,
Cherchant le même lit,
Nous irions dans le temps,
Droits comme des roseaux,
Quand sous le poids des ans,
Nous courberions le dos,
Ce serait pour mieux boire,
Ensemble à la même eau,
Et si tu m'avais cherchée,
De soir en soir, de bar en bar,
Imagine que tu m'aies trouvée,
Et qu'il ne soit pas trop tard,
Pour le temps qu'il me reste à vivre,
J'amarrerais mon piano ivre,
Pour pouvoir vivre avec toi,
Sur ton île aux mimosas,
Nous aurions la fierté,
Des tours de cathédrales,
Et nous serions plus près,
Du ciel et des étoiles,
Nous saurions le secret,
Des aurores boréales,
Il y a si peu de temps,
Entre vivre et mourir,
Qu'il faudrait bien pourtant,
S'arrêter de courir,
Et prendre un peu de temps,
De voir les fleurs s'ouvrir,
De voir les fleurs s'ouvrir,
Toi que j'ai souvent cherché,
A travers d'autres regards,
Et si l'on s'était trouvés,
Et qu'il ne soit pas trop tard...
Sida
( En 1987 )
Le sida est une drôle de chose. C'est comme Sodome et Gomorrhe...ça arrange la bondieuserie, les moralistes, les exicités et tous les charlatans qui vont vivre de ça...
( En 1988 )
Pour le sida, les mots ne sont pas suffisants. Il faut qu'ils soient dits par l'image et par la voix. J'aimerais m'attaquer avant tout à l'information. Entrer dans les facs, entrer dans les écoles, dans les prisons... Peut-être faut-il faire des dessins animés pour les gosses, des clips? Il faut que j'y aille. S'il le faut, j'irai chanter dans les hôpitaux, dans les prisons.
( En 1990 )
Dans cette maladie, je revois les mêmes maigreurs que ceux qui sortaient des camps de concentration.
( En 1992 )
A force d'être frileux, ce sera l'hécatombe. Ces morts, ce sont les notres. Il ne faut pas cesser d'espèrer. Il faut rester ensemble, les yeux ouverts. J'avais dit au public : " Ma plus belle histoire d'amour c'est vous " Et voilà que surgissait une maladie qui arrivait par l'amour... Comment ne pas me sentir concernée?
( En 1993 )
Dans les hôpitaux, j'ai vu des malades solitaires qui appréhendaient de prévenir leur famille. J'ai vu des pères découvrir en même temps l'homosexualité et le sida de leur fils, et commencer par mal l'accepter. J'ai vu des hommes et des femmes mourir en colère. J'ai vu des jeunes gens culpabilisés par cette maladie du siècle, convaincus que le sida était la punition de Dieu. Je les ai vus partir sans une plainte, dans une grande dignité, soutenus par des infirmières admirables. Je les ai vus partir et je ne pourrai jamais les oublier.
Je ne vais pas dans les prisons d'hommes et de femmes uniquement pour chanter. J'y chante ( je l'ai réclamé et obtenu ) parce que je veux ensuite communiquer avec celles et ceux qui sont enfermés. J'entre dans les prisons accompagnée d'un médecin qui parle du sida. Je m'installe avec un piano dans un couloir, un parloir, où je peux. Je chante, et après nous parlons. Mon combat, c'est le sida. Et, sur ce terrain, je suis une voleuse. Il faut prendre et donner. Comment chanter l'amour et la vie en cette époque terrifiante sans parler du sida et de la mort ?
Barbara
Le Hall la Chanson vous présente
Hélène Cixous, interviewée par Isabelle Dhordain et Serge Hureau
http://www.lehall.com/evenement/barbara_ecluse_page_01.html
Une série d'interviews inédites réalisées par Isabelle Dhordain (France Inter) et Serge Hureau, à l'Ecluse,
les 22 et 23 novembre 2007, dans le lieu même de ses débuts avec :
* Marc Chevalier (comédien, chanteur, co-fondateur de l'Ecluse) : Séquences 04, 05 et 06
* Hélène Cixous (auteure, essayiste, dramaturge, philosophe) : Séquences 07 et 08
* Didier Varrod (journaliste, producteur) et Jean-Yves Billet ( respo. collection Universal) : Séquences 09, 10 et 11
* Maren Sell (éditrice) : Séquences 12 et 13
* Bernard Merle (Association "Les Amis de Barbara") et Didier Millot
(Association Barbara Perlimpinpin) : Séquences 01, 02 et 03