19 posts tagged “l'amour”
Vous évitiez ma parole tout en multipliant les tentations capables de
briser mon silence.Vous faisiez battre en retraite votre écoute comme
s'il vous était possible d'augmenter la profondeur de votre oreille. Vous
reculiez devant mes confidences à mesure que, grâce à vous, elles devenaient inévitables et, tant pis pour ma mémoire mise ainsi à l'estrapade
par les tiraillements que lui infligeait l'égalité de votre distance et de votre intérêt.
Vous faisais-je peur en mêlant mon coeur aux mouvements de l'aveu ou bien vouliez-vous me faire subir je ne sais quelle épreuve de la glace et du feu?
Vous ne pouviez ignorer ce qu'il m'en coûtait ni ce que j'engageais... Vous accepterez, cette fois, que je reprenne tout pour tenter d'y mettre de l'ordre : tout depuis le début.
Vous me devez cette attention même si, je le sais, vous ne me devez
rien -en vérité, vous me la devez parce que vous ne me devez rien.
Vous avez déjà compris que je supplie sous mon air de réclamer.
Bernard Noël,
La Maladie de la chair, Éditions Ombres, 1993.
Vinicius de Moraes - Samba em Prelúdio
Eu sem você não tenho porque, porque sem você não sei nem chorar
Sou chama sem luz jardim sem luar, luar sem amor, amor sem sedar
Eu sem você sou só desamor um barco sem mar um campo sem flor
Tristeza que vai tristeza que vem
sem você meu amor eu não sou nin guém
Ah! Que saudade que vontade de ver renascer nossas vidas
Vol ta que ri da
os meus braços precisam dos teus, teus abraços precisam dos meus
estou tão sozinho tenho os olhos cansados de olhar para o além
vem ver a vida
sem você meu amor eu não sou ninguém
Françoise Sagan
(Le cheval évanoui, p.61, Livre de Poche n°2543)
Ton dos parfait comme un désert
Quand la tempête a passé sur nos corps
Un grain d'beauté où j'm'en vas boire
Moi j'reste là les yeux rouverts
Sur un mystère pendant que toi tu dors
Comme un trésor au fond de la mer
J'suis comme un scaphandre
Au milieu du désert
Qui voudrait comprendre
Avant d'manquer d'air
Y est midi moins quart
Et la femme de ménage
Est dans l'corridor
Pour briser les mirages
T'es tell'ment tell'ment tell'ment belle
Un cadeau d'la mort
Un envoi du ciel
J'en crois pas mon corps
Pour moi t'es une prisonnière
En permission qu'importe le partenaire
J'dois être le vrai portrait d'ton père
Une dare devil Nefertiti
Des sensations c'tu ta philosophie
D'aller coucher avec un homme t'haïs
Pour moi t'as dit à ta chum
" Checkc le gars 'ec des lunettes
M'as t'gager un rhum
Que j'y fixe le squelette "
Y est midi moins quart
Et la femme de ménage
Est là pis a fait rien qu'
Compter les naufrages
T'es tell'ment tell'ment tell'ment belle
Un paquebot géant
Dans 'chambre à coucher
Je suis l'océan qui veut toucher ton pied
J'pense que je l'ai j't'ai sauvé'a vie
Dans queuqu'pays dans une vie antérieure
La fois j't'ai dit " Va pas à Pompéi ! "
C'est quoi d'abord si c'est pas ça
C't'à cause d'un gars qui t'a tordu le cœur
J't'arrivé drett'avant qu'tu meures
C'pas pour mon argent
Ni pour ma beauté
Ni pour mon talent ...
Tu voulais-tu m'tuer
Y est midi tapant
Et la femme de ménage
A cogne en hurlant
" J'veux changer d'personnage "
T'es tell'ment tell'ment tell'ment belle
J'vas bénir la rue
J'vas brûler l'hôtel
'Cout' donc ...
Tu m'aimes-tu
Tu m'aimes-tu
O BEATA E DOLCISSIMA NOVELLA
« O beata e dolcissima novella,
o caro annunzio, che mi promettete
che tosto rivedrò le care e liete
luci e la faccia graziosa e bella ;
o mia ventura, o mia propizia stella,
ch’a tanto ben serbata ancor m’avete,
o fede, o speme, ch’a me sempre sète
state compagne in dura, aspra procella ;
o cangiato in un punto viver mio
di mesto in lieto; o queto, almo e sereno
fatto or di verno tenebroso e rio;
quando potrò giamai lodarvi a pieno?
come dir qual nel cor aggio disio ?
di che letizia io l’abbia ingombro e pieno? »
TRADUCTION :
« Pour mon bonheur, ô nouvelle si douce,
ô cher message apportant la promesse
que sans tarder je vais revoir le bel éclat
Des yeux que j’aime, et ces traits pleins de grâce.
Ô mon sort fortuné, ô ma clémente étoile,
qui pour un si grand bien encor m’avez gardée,
ô foi , ô espérance, ô mes compagnes
de toujours, au plus fort de la tempête,
ô instant qui changes tristesse en joie,
ô ma vie hivernale en ténèbres mauvaises
à présent apaisée et féconde et limpide,
pourrai-je assez célébrer vos louanges ?
Et comment exprimer l’attente de mon cœur,
la débordante plénitude de sa joie ? »
Gaspara Stampa
,
"Poème 100", Poèmes, édition bilingue, Gallimard, Collection Poésie, 1991, page 144. Traduction de Paul Bachmann
source : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/02/gaspara_stampao.html.
« Une triste volupté, une ivresse chagrine constituent le fond d’où se détachent souvent nos idéaux ou nos euphories, quand elles ne sont pas cette lucidité fugace qui déchire l’hypnose amoureuse accolant deux personnes l’une à l’autre. Conscient d’être voués à perdre nos amours, nous sommes endeuillés peut-être plus encore d’apercevoir chez l’amant l’ombre d’un objet aimé, anciennement perdu. […] »
« Plutôt que de chercher le sens du désespoir (il est évident ou métaphysique), avouons qu’il n’y a de sens que du désespoir. »
Julia Kristeva, Soleil noir. Dépression et mélancolie, Gallimard, Collection blanche, page 15.
"Sonnet liminaire":
- Loin de la joie du fruit possible
ce vague à l'âme s'oblitère
évasion du doigt sensible
ou le berceau de ton mystère
O lente foi dans l'invisible
pierres muettes sous la terre
comme le coeur de l'invisible
derrière un sein qui veut se taire
L'ère des êtres se déchire
et le jasmin de l'oeil s'étire
c'est la saison des ellébores
La nuit pressent la fleur qui veille
loin des tentures de merveilles
saisir ce qui n'est pas encore.
Roger-Arnould Rivière
Non, j'écoute uniquement les chansons
parce qu'elles disent la vérité
plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies
d'ailleurs, elles sont pas bêtes
qu'est-ce qu'elles disent?
elles disent:
"ne me quitte pas" ou...
"ton absence a brisé ma vie"
ou "je suis une maison vide sans toi" ou...
"laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre" ou...
ou bien "sans amour, on n'est rien du tout"
" Une petite hirondelle en route vers l'Egypte décide de passer la nuit à l'abri d'une statue dominant la ville.
Couverte
de minces feuilles d'or, ses yeux faits de saphirs, un gros rubis
ornant le pommeau de son épée, c'était la statue du Prince Heureux.
Le
ciel était plein d'étoiles brillantes.
L'hirondelle allait s'endormir
quand, soudain, une goutte d'eau glissa sur son aile : la statue
pleurait !
Le Prince Heureux pleurait sur les misères de la ville... "
in Le Prince Heureux, Oscar Wilde
Qui a dit que les contes étaient seulement pour les enfants ?...