4 posts tagged “noir et blanc”
Sylvaine Vaucher, photographe, passionnée de cinéma,
de l'émotion se lisant sur les
visages éprise,
telle une entomologiste sur l'écran elle capture
l'envol de
ces papillons qui traduisent les remous de nos âmes,
leur exacerbation et leur imperceptibles mouvances elle les interrogent, les magnifient.
Elle peint des fractales sur la toile, elle tisse ses couleurs pour nos yeux étonnés, sidérés, curieux, songeurs, méditatifs, souriants, révélés à eux mêmes.
Découvrez aussi ses métaphores
photographiques,
palimpseste de regards croisés, dédoublés,
superpositions d'une mémoire revisitée,
sur la page de ses phantasmes.
Pierre Desproges, je vous propose de l'entendre lors de l'un de ses réquisitoires du tribunal des flagrants délires qui recevait ce jour là Jean-Marie Le Pen...
Il termine en citant Brassens :
"Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part"
et son complice Louis Rego :
"Les chiffres sont accablants, il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde!"
photo Bruno Francillon
L'Attente
C'est la vie au ralenti,
c'est le cœur à rebours,
c'est une espérance et demie:
trop et trop peu à son tour.
C'est le train qui s'arrête en plein
chemin sans nulle station
et on entend le grillon
et on contemple en vain
penché à la portière,
d'un vent que l'on sent, agités
les prés fleuris, les prés
que l'arrêt rend imaginaires.
(1926)
Rilke a écrit la plupart de ses poèmes en allemand mais celui-ci en français.
Gloria Swanson 1924,
photo by Steichen
La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d'une nudité décente. La plus dénuée aussi : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve est qu'on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance.
Emmanuel Lévinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.90