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Françoise Sagan
(Le cheval évanoui, p.61, Livre de Poche n°2543)
Saez - Jeunesse lève-toi
Comme un éclat de rire
Vient consoler tristesse
Comme un souffle avenir
Vient raviver les braises
Comme un parfum de souffre
Qui fait naître la flamme
Jeunesse lève-toiContre la vie qui va qui vient
Puis qui s'éteint
Contre l'amour qu'on prend qu'on tient
Mais qui tient pas,
Contre la trace qui s'efface
Au derrière de soi,
Jeunesse lève-toi.Moi contre ton épaule
Je repars à la lutte
Contre les gravités qui nous mènent à la chute
Pour faire du bruit encore
A réveiller les morts,
Pour redonner éclat
A l'émeraude en toi ;Pour rendre au crépuscule
La beauté des aurores
Dis moi qu'on brûle encore
Dis-moi que brûle encore cet espoir que tu tiens
Parce que tu n'en sais rien de la fougue et du feu
Que je vois dans tes yeux ?
Jeunesse lève-toi !Quand tu vois comme on pleure
A chaque rue sa peine
Comment on nous écoeure
Perfusion dans la veine
A l'ombre du faisceau
Mon vieux tu m'aura plus !
Ami dis quand viendra la crueContre courant toujours sont les contre-cultures,
Au gré des émissions leurs gueules de vide-ordures ?
Puisque c'en est sonné la mort du politique,
L'heure est aux rêves
Aux Utopiques !Pour faire nos ADN
Un peu plus équitables,
Pour faire de la poussière
Un peu plus que du sable
Dans ce triste pays
Tu sais un jour ou l'autre
Faudra tuer le père
Faire entendre ta voix
Jeunesse lève-toi !Au clair de lune indien
Toujours surfer la vague
A l'âme
Au creux des reins
Faut aiguiser la lame
Puisqu'ici il n'y a qu'au combat qu'on est libre
De ton triste sommeil, je t'en prie libère-toi !Puisqu'ici il faut faire des bilans et du chiffre
Sont nos amours toujours au bord du précipice,
N'entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts
Ne vois tu pas le ciel à la portée des doigts ?
Jeunesse lève-toi !Comme un éclat de rire
Vient consoler tristesse,
Comme un souffle avenir
Vient raviver les braises
Comme un parfum de souffre
Qui fait naître la flamme
Quand plongé dans le gouffre on sait plus où est l'âme
Jeunesse lève-toi !Contre la vie qui va qui vient
Puis qui nous perd,
Contre l'amour qu'on prend qu'on tient
Puis qu'on enterre
Contre la trace qui s'efface
Au derrière de soi ?
Jeunesse lève-toi !Au clair de lune indien
Toujours surfer la vague
A l'âme
Au creux des reins
Faut aiguiser la lame
Puisqu'ici il n'y a qu'au combat qu'on est libre
De ton triste coma, je t'en prie libère-toi !
Puisqu'ici il faut faire des bilans et du chiffre
Sont nos amours toujours au bord du précipice,
N'entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts
A la mémoire de ceux qui sont tombés pour toi
Jeunesse lève-toi
Gloria Swanson 1924,
photo by Steichen
La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d'une nudité décente. La plus dénuée aussi : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve est qu'on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance.
Emmanuel Lévinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.90
get your vodpod
"Tu connaissais pas la consigne mon ange"....
Superbe montage photographique, où l'utilisation d'un procédé en apparence simple et répétitif renforce le caractère lancinant et pathétique de cette chanson signée Benjamin Biolay.
Il fait revivre l'instant figé comme en nos mémoires les instants tragiques gardent la prégnance d'une réalité présente.
De surcroît, l’emploi récurent du zoom donne corps au leitmotiv du refrain
« On s’approche plus, on s’avance »
D'une fluidité n'excluant ni effets de surprise, ni ruptures,
rien n’est fortuit.
Le résultat donne force et pertinence au message de sa conceptrice,
il est saisissant!
sémaphore
"Tu n'as pas suivi la consigne,mon ange
tu gis sans vie dans la cuisine orange
vêtu d'un t-shirt et d'un jean à frange"
Benjamin Biolay
Dominique Sampiero Pluies battantes

Les pluies battantes
(extrait)
On ne peut pas faire des mots pour parler des gens d'ici, des phrases toutes belles engoncées de style, ce sont les manières des gens de la ville, on ne peut pas faire ça, c'est comme mentir.
Alors on se tait. En cela on leur ressemble. On ressemble aux vaches, à tout le monde, aux chiens derrière les grilles. Au chat fou qui traverse comme une flèche, éclate contre une voiture tout le sang de sa fourrure, sa cervelle, son dedans, à vif.
C'est un silence comme une colère. On écrit des livres éventrés, tout le corps en porte trace. Quelque chose arrive parfois là, dans les boiseries de la bouche, en aveugle. On lui donne un visage, des mots doux, familiers. D'une seule cognée, il nous franchit, nous répond. Quand nous revenons à nous, les gens nous parlent, nous donnent des nouvelles de notre coma. Car il y a un endroit dans la parole qui n'est plus la langue, on ne s'en méfie pas assez.
Bien sûr, ça sonne, ça chante, c'est beau, un peu comme les rivières, le vent dans les arbres, les sources. Mais du coup, on ne voit plus la pierre dans la vase, l'arbre tombé à terre, les oeufs jetés en bas du nid, piétinés. Le cadavre blanc d'un chien pris dans les saules.
Il faut beaucoup de
pénombre aux mains pour qu'elles perdent tout, la peau, la paume, les doigts,
beaucoup de pénombre pour que le hasard mûrisse comme il a mûri déjà dans le
corps des mères, et bien plus loin encore dans la racine, beaucoup de pénombre
à la rivière avant son surgissement dans la fraîcheur. Il faut beaucoup de
pénombre pour approcher.
Il faut imaginer un pays avec des pluies, des orages, un pays qui n'existe pas,
des racines grandes comme des arbres, des flaques comme des pare-brise, le vent
partout, même dans les regards, et avancer dans cette contrée comme à
l'intérieur de soi, les bustes s'inclinent travaillés par une fatigue sans
nom, sans âge, et cette usure gagne tout, le ciel, les maisons, le silence.
Peut-on, rien qu'une fois, aussi rugueux, violent et maladroit que cette vie-là, écrire sans rien retirer, sans rien oublier, dans la rage des épines, un coup de vent nous jette au sol, en injuriant la pluie, la boue, dans un coup de sang? L'orage n'est pas toujours ce que l'on croit, un ciel strié d'eau, de foudres et de pierres. C'est parfois simplement un visage incliné, immobile.
Dominique Sampiero
In, « Les pluies
battantes », Lettres vives.
Photo Marc Dixon "Rainy day"
source Voyage dans les mots, posté par Océania 55
http://oceania55.canalblog.com/archives/2008/03/29/8527875.html#comments