17 posts tagged “poésie”
Sylvaine Vaucher, photographe, passionnée de cinéma,
de l'émotion se lisant sur les
visages éprise,
telle une entomologiste sur l'écran elle capture
l'envol de
ces papillons qui traduisent les remous de nos âmes,
leur exacerbation et leur imperceptibles mouvances elle les interrogent, les magnifient.
Elle peint des fractales sur la toile, elle tisse ses couleurs pour nos yeux étonnés, sidérés, curieux, songeurs, méditatifs, souriants, révélés à eux mêmes.
Découvrez aussi ses métaphores
photographiques,
palimpseste de regards croisés, dédoublés,
superpositions d'une mémoire revisitée,
sur la page de ses phantasmes.
Suite à l'invitation de TINE, suivons les instructions reçues !
Toute chaîne à un règlement, voici celui du moment :
1. Citer la personne qui vous a "taggué".
2. Indiquer le règlement du jeu.
3. Choisir un livre et l'ouvrir à la page 123.
4. Recopier à la cinquième ligne les cinq lignes suivantes.
5. Indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur et l'année d'édition.
6. Taguer quatre personnes et les prévenir sur leurs blogs.
Voici le livre choisi
Svanhild, scène II, p.123
La passante
Que peut-il exister de plus beau sur la terre ?
Svanhild
Les nuages, la neige, la fumée, l'écume.
La passante
Ne veux-tu point suivre à mes côtés, la route libre comme l'horizon et vaste comme l'aurore ?
Svanhild
Non.
La passante
Pourquoi ?
Svanhild
J'attends le retour des cygnes sauvages.
Le premier livre ouvert à la page 123 fut
Car l'adieu,
c'est la nuit
Emily Dickinson, éd.Poésie/Gallimard
( *)p.123, ligne 5
Et de moi il ne reste plus
*Assez - à ôter -
"Moi" voulait dire Toi -
Détruis la Racine - pas d'Arbre
Sans Toi - donc - pas de moi -
Dépouillés, les Cieux -
Pillée, la vaste poche de l'Eternité.
J'invite à participer à ce partage ludique Miss Pompadour, Apolline (je découvre qu'elle a déjà été tagguée...),am*de Paris, Liette, Ecume, Pierre (que lit-il entre deux tracks?)
O BEATA E DOLCISSIMA NOVELLA
« O beata e dolcissima novella,
o caro annunzio, che mi promettete
che tosto rivedrò le care e liete
luci e la faccia graziosa e bella ;
o mia ventura, o mia propizia stella,
ch’a tanto ben serbata ancor m’avete,
o fede, o speme, ch’a me sempre sète
state compagne in dura, aspra procella ;
o cangiato in un punto viver mio
di mesto in lieto; o queto, almo e sereno
fatto or di verno tenebroso e rio;
quando potrò giamai lodarvi a pieno?
come dir qual nel cor aggio disio ?
di che letizia io l’abbia ingombro e pieno? »
TRADUCTION :
« Pour mon bonheur, ô nouvelle si douce,
ô cher message apportant la promesse
que sans tarder je vais revoir le bel éclat
Des yeux que j’aime, et ces traits pleins de grâce.
Ô mon sort fortuné, ô ma clémente étoile,
qui pour un si grand bien encor m’avez gardée,
ô foi , ô espérance, ô mes compagnes
de toujours, au plus fort de la tempête,
ô instant qui changes tristesse en joie,
ô ma vie hivernale en ténèbres mauvaises
à présent apaisée et féconde et limpide,
pourrai-je assez célébrer vos louanges ?
Et comment exprimer l’attente de mon cœur,
la débordante plénitude de sa joie ? »
Gaspara Stampa
,
"Poème 100", Poèmes, édition bilingue, Gallimard, Collection Poésie, 1991, page 144. Traduction de Paul Bachmann
source : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/02/gaspara_stampao.html.
L'Attente
C'est la vie au ralenti,
c'est le cœur à rebours,
c'est une espérance et demie:
trop et trop peu à son tour.
C'est le train qui s'arrête en plein
chemin sans nulle station
et on entend le grillon
et on contemple en vain
penché à la portière,
d'un vent que l'on sent, agités
les prés fleuris, les prés
que l'arrêt rend imaginaires.
(1926)
Rilke a écrit la plupart de ses poèmes en allemand mais celui-ci en français.
"Sonnet liminaire":
- Loin de la joie du fruit possible
ce vague à l'âme s'oblitère
évasion du doigt sensible
ou le berceau de ton mystère
O lente foi dans l'invisible
pierres muettes sous la terre
comme le coeur de l'invisible
derrière un sein qui veut se taire
L'ère des êtres se déchire
et le jasmin de l'oeil s'étire
c'est la saison des ellébores
La nuit pressent la fleur qui veille
loin des tentures de merveilles
saisir ce qui n'est pas encore.
Roger-Arnould Rivière
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Réversibilité Ange plein de gaîté, connaissez-vous l'angoisse, La honte, les remords, les sanglots, les ennuis, Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ? Ange plein de gaîté, connaissez-vous l'angoisse ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine, Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel, Quand la Vengeance bat son infernal rappel, Et de nos facultés se fait le capitaine ? Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres, Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard, Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard, Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ? Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ? Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides, Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment De lire la secrète horreur du dévouement Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides ? Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ? Ange plein de bonheur, de joie et de lumières, David mourant aurait demandé la santé Aux émanations de ton corps enchanté ! — Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières, Ange plein de bonheur, de joie et de lumières ! Charles Baudelaire |
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?
- Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit : " Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone. "
Charles Baudelaire
L’on entend sans écouter
On évite on passe à côté,
Combien de chaleurs gaspillées.
Combien de rendez-vous manqués
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Derrière les gens et les visages,
Derrière les mots, derrière les phrases,
Il existe un autre langage,
D’autres lumières, d’autres images,
Lorsque tout le vernis s’en va,
Il y a vous, il y a moi.
Louis Chedid
in « Derrière les visages » d’Andrée Chedid, éd. Castor Poche

Où ton regard se heurte en produisant un son ;
Mais là sur le pelage noir
Ton regard le plus fort se dissous :
Comme le fou furieux qui au plus profond
De la rage trépigne dans le noir, tout d'un coup
Dans les capitons dépossédants
d'une cellule cesse et s'évapore.
Tous les regards qui jamais l'atteignirent,
Il semble donc en soi les receler,
Pour en faire frémir, menaçant, hérissé,
Sa paupière qu'il ferme, et dormir avec eux,
Puis cependant, soudain, comme éveillé, il tourne
La tête et plonge son visage dans le tien :
Et tu retrouves là, imprévu, ton regard
Dans l'ambre jaune des cailloux
Ronds de ses yeux : prisonnier,
Comme un insecte mort depuis la nuit des temps.
Rainer Maria Rilke, Nouveaux poèmes.